Présentation
Ramatuelle... secrète sur sa colline
RAMATUELLE est un village à l'abri. Aujourd'hui encore, lorsque l'on entre dans la cité par la plaine, on a l'impression de pénétrer dans une place forte comme jadis on attaquait une forteresse ! Impressions de vacances ! Nul sarrasin à l'horizon depuis longtemps ! C'est une bourgade paisible, Ramatuelle, tranquille et sans exubérance, entendez sans excès.
Sa place principale a conservé son appellation d'origine dite "de l'Ormeau". Devant, juste en face de l'Office de Tourisme, un agent de la police municipale veille, digne successeur du garde champêtre. Les jours de beau temps, on regarde l'heure au cadran solaire au-dessus de l'office, les autres jours au clocher de l'église sous le campanile.
Les bougainvilliers colorent les façades de pierre et des artisans viennent régulièrement présenter leurs créations en osier, en peinture, en bois ou en tissu tandis que la fontaine aux deux magnifiques têtes de lion continue à cracher l'eau qui alimentait jadis la population. Ses habitants étaient agriculteurs ou meuniers, viticulteurs ou charretiers.
A l'abreuvoir, chevaux et boeufs étaient nombreux à se bousculer. Tranquille, paisible et sans excès, vous dit-on. Et même que l'ormeau n'existe plus depuis 1983 et qu'il a été remplacé par un olivier, symbole de la Provence et de longévité.
Aujourd'hui, Ramatuelle est devenue le jardin de nombreux artistes qui y ont élu domicile précisément pour cela. On sait que Gérard Philipe y habita longtemps. Les anciens se souviennent du bruit de sa vieille Ford qui le précédait toujours lorsqu'il traversait le village. Il y repose au cimetière communal depuis un certain jour de l’année 1959.
Ramatuelle n'a pas de port comme si ses habitants avaient toujours craint la proximité de ce rivage d'où le danger est souvent venu (le danger ou la libération, d'ailleurs, comme en août 1944 !). Cette position stratégique lui a toujours permis de se défendre à temps ! Et de grandir en rond, à flanc de colline, autour de son ancien château, tranquille.
Un théâtre où se retrouvent des milliers de fidèles…
Si j'avais à écrire des cartes postales, c'est de Ramatuelle que je le ferais. Et si j'avais à en envoyer une, voici (à peu près) ce que je dirais : "Je t'écris de Ramatuelle, dans le Var. C'est un village minéral et fleuri de jasmins, de géraniums et de chèvrefeuilles, d'où la vue s'échappe très loin jusqu'à la mer. Sous l'effet du mistral, toute la plaine oscille et tourbillonne avec les feuilles de vignes qui basculent d'un côté et de l'autre comme un bateau pris dans une tempête verte.
De juin à septembre, c'est un bleu éblouissant qui couvre la surface du ciel et c'est étourdissant ! Au loin, au-delà des rideaux de roseaux et des haies de lauriers roses et rouges, s'étale la plus longue plage de sable fin que je connaisse sur la Côte d'Azur : c'est la baie de Pampelonne.
Bien sûr, pour ne pas perturber cette paisible commune, je ne dirai surtout pas que chaque été quelques trublions prennent possession du Théâtre de Verdure où alternent les meilleurs festivals, "Les Temps Musicaux" festival de musique classique en juillet, "Théâtre et Variétés" ou "Jazz à Ramatuelle" en août, à l'attention de publics conquis, passionnés et fidèles. Je tairai l'autre baie, de Cap Camarat à Cap Taillat, où les eaux sont profondes, vivifiantes et claires.
J'éviterai d'évoquer le phare de Camarat, les moulins de Paillas, l'exposition de Printemps "Santons et couleurs de Provence" ou le dolmen de Briande et sans oublier en décembre “La Provence des Noëls”.
J'emmènerai tout ce monde dans le labyrinthe des ruelles étroites qui se succèdent en pentes et en gradins, dans les passages étroits qui courent de la place de l'Ormeau à la porte Sarrasine et je les précipiterai, tous, dans la rue Rompe Cu.
Mais non, bien sûr !